Mami Wata est une figure emblématique du culte vaudou qui partage avec la petite sirène de Walt Disney la particularité d’être une créature hybride, mi-femme mi-poisson, évoluant subtilement à la lisière entre deux mondes. Mais la ressemblance s’arrête là, car Mami Wata est considérée par toute la société africaine comme un être proprement monstrueux, en raison de son grand pouvoir de séduction, de ses mœurs délétères et de sa sexualité fort débridée qui en font le symbole même des bas-fonds et, accessoirement, de la mort si l’on s’avise, par mégarde, de refuser de céder à ses avances...
La danseuse et chorégraphe Betty Tchomanga vous proposera une vision très singulière de ce personnage ancestral puisque, dans son short en jean élimé et son tee-shirt blanc un peu trop court, elle sautera sur de la musique électronique inspirée de la scène gqom d’Afrique du Sud (une variante de la house) en faisant jaillir de sa gorge des borborygmes et des onomatopées et en poussant sa voix jusqu’aux extrêmes limites du spectre sonore (soit en dégringolant dans le très grave, soit en crapahutant vers le très aigu)...
Elle sautera ? Oui. Et c’est ce mouvement répété ad libitum qui entraînera le corps de Betty Tchomanga dans une myriade de métamorphoses. C’est donc en sautant ou en dansant (c’est kif-kif, puisque danser se dit saltare en latin, qui vient de saltus, le saut - précision pour ceux qui veulent être moins sots) qu’elle parcourra toute l’étendue qui sépare la surface des profondeurs, ou la danse de la transe, ou la douce Betty Tchomanga de l’affreuse Mami Wata, ou votre statut de spectateur de celui de témoin d’une expérience unique...
Infos pratiques
TARIF.
Dans la presse
Avec Mascarades, solo qu’elle chorégraphie et interprète, Betty Tchomanga crée les conditions de l’émergence de figures multiples. En côtoyant l’imaginaire lié à la divinité africaine Mami Wata, déesse des eaux, du pouvoir, femme-sirène aussi fascinante que dangereuse et en faisant de la pulsation un motif chorégraphique, Mascarades déploie une danse peuplée de présences invisibles, où cohabitent une écriture nette et des débordements possibles.