Womanpower
Figure incontournable du hip pop français, spécialiste de la « house dance » et ambassadeur de la « french touch » sur tous les continents (à l’exception, bien sûr, de l’Antarctique, où les salles de spectacle peinent à s’implanter), Ousmane Sy a réussi à développer un style inimitable, à la fois résolument contemporain et chargé de l’héritage des danses traditionnelles africaines, avant de succomber à une crise cardiaque aussi fulgurante que sa carrière.
C’est donc orphelines, mais plus soudées que jamais, que les sept reines au cœur palpitant de ce Queen Blood vous offriront leur puissant ballet urbain, qui gravite autour de la notion de la féminité, assumée ou subie - une notion que chacune interrogera avec les qualités techniques qui lui sont propres.
Sur un tapis blanc entouré de projecteurs à la lumière rasante, éclairées par un fond lumineux aux couleurs changeantes qui découpe leurs silhouettes toutes vêtues de noir et portées par la voix de Nina Simone, par des chants polyphoniques ou par des boucles d’afro-house à défriser un caniche, ces sept merveilles du monde feront onduler de manière fluide et hypnotique le haut de leur corps, exécuteront des jeux de jambes rapides et complexes qui vous rappelleront les claquettes de Cyd Charisse, libéreront la violence du Krump ou bien effleureront le sol avec la douceur d’une caresse. Grâce à la précision de leurs gestes, aux regards qu’elles ne cessent de s’adresser et à l’ambiance joyeuse et protectrice qu’elles parviennent à instaurer sur le plateau, ce Queen Blood se révèle être une démonstration de pure sororité, du caractère inaliénable des liens du sang, même quand le père est parti...
Le chorégraphe Ousmane Sy nous a quitté subitement en 2020.
Rebelle et protecteur, ce ballet est un shoot de pure sororité.
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