Les Quinconces L'espal Scène nationale du Mans

Carte blanche à Stéphane Vigny

Exposition visible jusqu'au 21 juin

13 mars > 21 juin

Stéphane Vigny partage sa vie entre Paris et Piacé. En réponse à la carte blanche qui lui a été donnée l'artiste propose une exposition visible chez lui à la Chapelle Saint-Léger, jusqu'au 21 juin. L'exposition de Chloé Quenum, également programmée à L'espal dans le cadre de cette carte blanche, est quant à elle annulée. 

Chapelle Saint-Léger, installation de l’exposition de Stéphane Vigny en cours, mars 2020. © Catherine Mary-Houdin, Les Quinconces-L’espal
Vues de l’installation « Louis XIV… Oméga III », 530 statues en pierre reconstituée, cour d’honneur du château de Maisons-Laffitte, 2015
Sans titre, (Richard Lemieuvre), poteau edf vitraillé, 40-20 x 1300 cm, Stéphane Vigny, Piacé-le-radieux, 2013
La Monier, installation permanente, souche en ciment rusticage, 250 × 40 cm, en partenariat avec le Confort Moderne, Poitiers, 2015

Après la Chapelle du Genêteil (centre d’art de Château Gontier), la Chapelle Jeanne d’Arc (centre d’art de Thouars), c’est dans la Chapelle Saint-Léger, chez lui, à la campagne, dans un lieu où il a organisé des projections cinématographiques et un concert de musique baroque, que Stéphane Vigny a décidé de montrer ses oeuvres. Des objets, pour la plupart issus de la production en série, sont modifiés pour être réinventés ; en les détournant de leur fonction initiale par un jeu d’oppositions (industriel/artisanal, rustique/raffiné, etc.) ou par un changement d’échelle et de lieu de destination, l’artiste leur octroie un nouveau statut. Le tonneau, ou barrique, traditionnellement utilisé pour la conservation et le transport du vin, subit des variations. Décliné, il devient luminaire amarré aux poutres de la chapelle, maillon d’une chaîne ou assise d’un indiscret (siège à trois places inventé sous le Second Empire). Réduit, il se fait minibar et sac à main. Par les glissements opérés, par les procédés d’assemblage utilisés, les objets se muent en sculptures. Leur nouvelle apparence, très soignée, révèle l’humour de l’artiste qui dans un ancien lieu de culte célèbre le ravissement de l’âme que permet l’ivresse. Sur le principe de L’atelier Brancusi reconstitué place Georges-Pompidou, deux ouvertures donnent à voir l’exposition par transparence depuis l’extérieur de l’édifice.

Tous ces artistes ! 
Jean-Michel Espitallier

Il y a beaucoup de types d’artistes, beaucoup de types qui font artistes, pas mal de types qui font l’artiste, un bon paquet d’artistes types, une palanquée de types artistes, plusieurs types d’artistes types. Il y a l’artiste engagé et l’artiste en jaguar, le street artist et l’artiste de rue, et il y a l’artiste à la rue, il y a le peintre du dimanche, l’artiste white cube, et l’artiste black blocks, et l’artiste blue ray (Nam June Paik), le sous-marin jaune (Guy Limon) et le broyeur de noir (Pierre Soulages), et la Fluxus égosillée livrée avec un escabeau (Yoko Ono), le barbu massif flower power (Claude Monet), le performer chic et le performer trash, et le compas dans l’œil sur chemin caillasseux (Paul Cézanne), le cultivateur de tulipes hors de prix qu’on sait pas où les foutre (Jeff Koons), le renverseur énervé de colonne (Gustave Courbet), la suspendeuse de choses en l’air mais pas que (Annette Messager), le sculpteur sur ballons et le tourneur sur bois, le feutre-coyotte-rognures d’ongles (Joseph Beuys), l’infiniment comptant de lui (Roman Opalka), il y a le « mélancolique empereur des forçats » (Pierre Puget), le joueur d’échecs revenu du BHV (Marcel Duchamp), la totémique et arachnéenne (Louise Bourgeois) et la chambre noire avec vue (Jeff Wall), le coloriste sfumato horizontal (Mark Rothko), l’insoumise dans le sang (Esther Ferrer), l’inventeur barbu ancien de machines volantes futures (Léonard de Vinci) et le vrilleur-flouteur de gens (Francis Bacon), il y a la fabricante de slogans en grand (Barbara Kruger), l’autochirurgicale (Orlan), le miniaturiste à ustensiles (Philippe Favier) et la miniaturiste à motifs (Anne Brégeaut), la nerveuse du pinceau (Joan Mitchell), le plasticien beaux-arts, l’appliqué, l’impliqué, le maudit, le modeux, il y a le modeste, l’absolument moderne, et l’emballeur en bâtiment (Christo), il y a l’installateur marrant grinçant de trucs divers (Gilles Barbier), le une-forme-plein-de-couleurs et basta (Pierre Mabille), l’artiste pois-bulles (Yayoi Kusama), la sex and drugs and rock’n roll (Nan Goldin), le tatoué-percé raffiné trash (Jean-Luc Verna) et le monomaniaque du Pantone (Yves Klein), il y a le communautaire gestalt-thérapiste avec hémoglobine (Otto Muehl), il y a – c’est pas moi qui le dis – la «brutale et perturbante» (Marina Abramovic), il y a l’artiste enragé, le genré, le dérangé, le dégenré et le dégénéré, il y a le rangé, le déjanté et le rien-à-jeter, il y a l’artiste chien (Oleg Kulik), il y a l’artiste chats (Alain Séchas), l’artiste cochons (Wim Delvoye), et le rhinocéros (Xavier Veilhan) et l’artiste mouton (François-Xavier Lalanne), il y l’autofictive (Sophie Calle) et le ralentisseur d’images (Bill Viola), l’autoportraitorturée (Frida Kahlo) et le découpeur de silhouettes inquiétante-étrangeté (William Kentridge), il y a l’inspiré et il y a l’aspirant, il y a l’artiste des grosses (Niki de Saint Phalle) et l’artiste des gros (Fernando Botero) et l’artiste des maigres (Alberto Giacometti) et l’artiste des grands (Ron Mueck), et puis, et puis il y a l’artiste des villes et il y a l’artiste des campagnes, mais alors ça...

Accès libre et gratuit tous les jours, de 10h à 18h
La Chapelle Saint-Léger 72170 Piacé
Visible depuis l’extérieur de la chapelle. 

Se rendre à la chapelle depuis Le Mans
Prendre la RD 338 en direction d'Alençon. Au rond point de Piacé, tourner à gauche, passer devant l'église puis le moulin de blaireau (association Piacé le radieux). Poursuivre. A la patte d'oie (oeuvre La vache de Kenji Haraï), tourner à droite et rouler jusqu'à la sculpture blanche (Le Keeque de Jacques Julien). La chapelle se trouve 50 mètres plus loin sur la gauche. Se garer devant le portail qui indique Saint-Léger et rentrer.