Les Quinconces L'espal - Scène nationale du Mans

PLUTÔT VOMIR QUE FAILLIR

THÉÂTRE

RÉBECCA CHAILLON - CIE DANS LE VENTRE

06 mai - 20h

Plutôt vomir que faillir ©Marikel Lahana
Plutôt vomir que faillir ©Marikel Lahana

Dégoût et des couleurs

Rébecca Chaillon garde un souvenir pénible de ses années de collège. Les boutons sur le nez, les pustules sur le front, les poils qui poussent trop vite, les seins qui ne poussent pas assez, mais aussi (et surtout) les moqueries qu’elle subissait à cause de ses origines et de sa sexualité ou les injonctions auxquelles son corps et son esprit devaient se plier, tout ça l’a traumatisée...

Plutôt vomir que faillir, son premier spectacle sur les affres de l’adolescence, se nourrira donc de cette nausée, de cette haine viscérale de la norme - bref, de tout ce qu’elle n’a pas digéré et qui lui reste encore en travers du gosier. Est-il grandement conseillé de prendre un antiémétique avant d’y assister ? Non, car s’il expose les émotions violentes liées aux hormones en ébullition et aux conflits de génération, ce poème performatif n’ira jamais jusqu’au trop-plein et cherchera même plutôt à apaiser toutes vos douleurs gastriques...

Dans un décor de réfectoire scolaire, avec une façade de micro-ondes aussi imposante qu’un mur d’enceintes, une assiette grande comme une piscine et des couverts sur-dimensionnés, quatre interprètes aux joggings colorés vous confesseront donc leurs tourments - mais en jouant avec la nourriture, en s’adonnant à l’auto-maquillage ou en pénétrant par effraction dans leur établissement au cours d’une virée digne du Projet Blair Witch. Bourrée de trouvailles visuelles et plastiques, cette oeuvre à l’irrévérence salutaire, où le politique se dissout dans l’intime comme l’aliment dans le suc gastrique, vous donnera finalement une image assez alléchante de cet âge ingrat que vous avez pourtant, comme Rébecca Chaillon, rejeté de toutes vos forces...
 
 
 

 

  • Dans la presse

    La Terrasse, Publié le 13 novembre 2023 - N° 315

    « Plutôt vomir que faillir » de Rebecca Chaillon dynamite les stéréotypes de la génération Z

     

    Servie par quatre formidables jeunes acteurs qui ont contribué à son écriture, la pièce de la dramaturge et performeuse Rébecca Chaillon exhibe les affres adolescentes de la génération Z. Ravageur, le spectacle dynamite, non sans avoir recours à l’autodérision, les stéréotypes. Un vrai régal !

    « Il y a dans mes spectacles un rapport à la consolation, à la réparation de l’adolescente que j’ai été et qu’il s’agit cette fois d’adresser aux plus jeunes. On va donc disséquer et mettre en performance tous ces événements hyper-violents traversés par les ados sans regarder ailleurs, sans faire semblant », avertit Rébecca Chaillon versée dans l’art de la performance radicale dont le travail révèle, entre autres thèmes récurrents, une obsession pour la nourriture. Obsession qui sert plus que jamais de prisme à Plutôt vomir que faillir pour figurer, de manière aussi charnelle que métaphorique, cet indigeste normatif – injonctions parentales dérisoires, intimations scolaires décalées, canons de beauté surréalistes, identités genrées obsolètes – qui donne des haut-le-cœur aux quatre protagonistes. Ados, membres de cette génération qui a moins de trente ans aujourd’hui, née avec un rapport quasi-inné au numérique, Chara, Zakari, Mélodie et Anthony dégueulent leur malaise avec autant de sérieux que d’autodérision et partent à la conquête d’eux-mêmes, faisant fi de tous les tabous.

    Des prestations hors-pair

    Le propos poétiquement accentué de Rébecca Chaillon est démultiplié avec beaucoup d’ingéniosité. Les dispositifs narratifs ne s’interdisant rien prennent comme point d’appui la biographie, l’identité, la personnalité des quatre jeunes acteurs. Triés sur le volet pour signifier toute la richesse des possibles ouverts par le refus de la norme que chacun d’entre eux incarne de manière singulière, les performeurs, invités à ne pas y aller avec le dos de la cuillère, livrent une prestation hors-pair. En arrivant dans le décor, ils s’arcboutent sur l’assiette géante qui, trônant à l’arrière-scène, attend d’être placée au milieu du plateau encadré de part et d’autre par un mur de micro-ondes, auquel fait face la rampe de self-service d’une cantine scolaire reconnaissable entre mille. Au gigantisme de l’assiette et des couverts répond l’énormité de ce qui est à avaler et qu’il s’agit de régurgiter dans un sursaut salutaire. Bientôt, surélevée en fond de scène, l’assiette servira d’écran comme de miroir. Ce portrait d’adolescents en quête d’eux-mêmes, impitoyable et désopilant, abrasif et explosif, galvanise. Il porte l’espoir d’un avenir meilleur, élargi.

    Marie-Emmanuelle Dulous de Méritens

     

     

    Entre légèreté et noirceur, Plutôt vomir que faillir libère ses humeurs pour parler à la jeunesse les yeux dans les yeux, sans tabous ni fausse pudeur.
    Ici, on est prévenu, on ne fait pas du théâtre le petit doigt en l’air ni avec le dos de la cuillère, on s’y engouffre à corps et à cri, on se mouille, on se dépouille pour mieux gratter le vernis du joli, du convenu et du déjà-vu.
    Entre la performance théâtrale, le show de télé-réalité et le film gore de série Z, « Plutôt vomir que faillir » dégaine une théâtralité bravache et puissante, crache ses colères, régurgite ses malaises, vomit son dégoût de tout ce qui entrave et empêche d’être libre et d’être soi.
    Un geste performatif inouï, ample et maîtrisé, qui révèle plus que jamais la pertinence de l’œuvre que construit cette artiste de tempérament.
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    Sceneweb > L’adolescence passée à la moulinette de Rébecca Chaillon - Marie Plantin

    Rébecca Chaillon se penche sur les affres de l’adolescence dans une pièce aussi drôle que politique
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    Les Inrocks > Rébecca Chaillon se penche sur les affres de l’adolescence dans une pièce aussi drôle que politique par Igor Hansen-Love - Publié le 11 avril 2023

    Le théâtre se fait cauchemar en cantine, rituel de passage et lieu de construction de soi. Vif, inclusif et mordant. Un vrai festin !
    Surtout, on aime immensément comment Rébecca a su transmettre sa malice politique, son irrévérence et son too much.
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    Les Trois Coups > Familles, vous nous gavez ! Par Stéphanie Ruffier - décembre 4, 2022

     

     

  • Générique

    Mise en scène

    Rébecca Chaillon
    Ecritures

    Rébecca Chaillon et les acteurices
    Avec

    Chara Afouhouye, Zakary Bairi, Mélodie Lauret et Anthony Martine
    Dramaturgie et collaboration à la mise en scène

    Céline Champinot
    Assistanat à la mise en scène

    Jojo Armaing
    Scénographie

    Shehrazad Dermé
    Création sonore

    Élisa Monteil
    Création lumière et régie générale

    Suzanne Péchenart
    Création dispositif réseau-vidéo

    Arnaud Troalic
    Régie lumière

    Myriam Bertin
    Régie son

    Jenny Charreton
    Régie plateau

    Marianne Joffre
    Production

    Mara Teboul – L’oeil écoute
    Paroles et composition des chansons

    «Tout mon sang» «Et si je l’étais ?» «Poil» et «Putréfaction» Mélodie Lauret

    Cette création a été accompagnée par l’équipe permanente et intermittente du CDN de Besançon, et notamment :

    Création costumes

    Florence Bruchon
    Construction du décor David Chazelet, Antoine Peccard et Thomas Szodrak
    Réalisation couverts

    Rémy de l’entreprise Savoir-Fer

    Remerciements

    Macha Robine, Sandra Calderan, Alexia et Lyes Bairi, Corinne Lauret, Mélanie Charreton, Hélène Barillot
    Production

    Compagnie Dans le ventre
    Coproduction

    CDN Besançon Franche-Comté (producteur délégué de la création et la première tournée 22-23), TPR – Centre neuchâtelois des arts vivants – La Chaux-de-Fonds, Maison de la Culture d’Amiens, Le Maillon Théâtre de Strasbourg – Scène européenne, Théâtre du Beauvaisis – Scène nationale, Le Phénix – Scène nationale de Valenciennes, Centre dramatique national Orléans/Centre Val-de-Loire, Le Carreau du Temple – Établissement culturel et sportif de la Ville de Paris, La Manufacture – CDN Nancy – Lorraine.
    Avec le soutien de

    la DRAC Hauts-de-France dans le cadre de l’aide à la création.
    Avec le soutien de

    la Région Hauts-de-France.
    Résidence

    Ferme du Buisson / Scène nationale de Marne la Vallée

     

    Création le 29 novembre 2022 au CDN Besançon Franche-Comté
    Rébecca Chaillon est représentée par L’Arche, agence théâtrale. www.arche-editeur.com

Infos pratiques

ENV. 1H30


DÈS 12 ANS

 

MAR 7 MAI ◆ 14H30