Les Quinconces L'espal - Scène nationale du Mans

PENSÉE JOYEUSE

LES INSPIRANTES

14 janvier 2023 à partir de 9h30

ÉCRIRE L’INTIME

JOURNÉE DE LA PENSÉE JOYEUSE AU THÉÂTRE DES QUINCONCES

Nane Beauregard
Françoise Pétrovitch

En écho aux œuvres présentées dans le cadre des Inspirantes, rendez-vous samedi 14 janvier pour la Pensée Joyeuse, une journée d’échanges, de partages et de rencontres qui sillonnera cette saison le trait de l’écriture avec plusieurs artistes et autrices.

 

 

LE MATIN


9H30 Rencontre Femmes d’Histoire | Grand Théâtre
Écrivaine avant-gardiste et irrévérencieuse, Hélène Bessette sera à l’honneur avec l’association Femmes d’Histoire et ses invité·es, pour nous plonger dans l’écriture audacieuse et infiniment moderne de cette artiste disparue en 2000 dans l’anonymat.

 

 

 

L’APRÈS-MIDI

 


En présence et avec la complicité des associations, collectifs et partenaires :

COLLAGES FÉMINISTES LE MANS | CFU

LE COLLECTIF GANGREINES
LA MISSION LOCALE
LE MOUVEMENT DU NID
NOUS TOUTES
LE PLANNING FAMILIAL
LE CIDFF SARTHE
SOLIDARITÉ FEMMES 72
TOUTES CAPABLES
LE COLLECTIF TOUT SEXPLIQUE
LA LIBRAIRIE THUARD
ASSOCIATION DE LA CAUSE FREUDIENNE

RADIO ALPA...

 

 

Rendez-vous au Carré Rouge (premier étage du Théâtre des Quinconces) pour boire un verre, se restaurer, faire une pause et se rencontrer en toute convivialité !

 

 

14h30-15h30 | PLATEAU Radio Alpa | Carré Rouge

Émission en direct

 

14h30-16h | PARLER L’INTIME | Carré Rouge
Espace d’expression animé par le Planning Familial
 

15h-18h | ATELIER GÉOGRAPHIER NOS INTIMES | Carré Rouge
Écrire sur l’intime, animé par Alice Sibbille
 

15h-18h | ATELIER FANZINE, LECTURE  ET ÉCOUTE RADIOPHONIQUE | Carré Rouge
ATELIER FANZINE - Animé par le collectif GangReines

ÉCOUTE RADIOPHONIQUE - Podcast réalisé par Suzanne Emery (association Transtopie et collectif GangReines) en collaboration avec les associations partenaires des Inspirantes.

 

16H RENCONTRE AVEC L’ARTISTE FRANÇOISE PÉTROVITCH ET L’ÉCRIVAINE NANE BEAUREGARD | Salle Expo
Figure majeure de la scène artistique contemporaine, Françoise Pétrovitch qui expose ses œuvres aux Quinconces sera présente pour une rencontre inédite avec Nane Beauregard, écrivaine et psychanalyste. Nous les invitons à un dialogue autour de l’écriture et de l’intimité. Entre dessins, peintures, mots et livres, elles nous partageront comment l’écriture est au cœur de leur recherche et de leur travail.

 

 

Françoise Petrovitch par Nane Beauregard

 

"Quelques notes à propos du dessin, de l’écriture et de l’intime.


Peindre et écrire sont des actes, et ce sont des actes intimes. Sans doute, est-ce d’ailleurs le cas de tous les actes véritables. On est seul face à soi-même, même quand on est plusieurs, je pense par exemple à un metteur en scène de théâtre qui travaille avec des comédiens.
On s’en rend compte dans la vidéo « Ateliers » et je vois bien dans la façon de dessiner de Françoise, d’écrire son dessin, c’est d’ailleurs le mot qu’elle emploie, comment elle sait ce qu’elle veut faire ET comment elle se laisse guider. Comment elle consent à se laisser conduire (et, comme dirait Cl Leguil, consentir n’est pas céder).
Elle est libre de se laisser conduire, elle est même encore plus libre du fait d’accepter que quelque chose en elle sait mieux qu’elle et qu’elle veut se laisser conduire par cette chose mystérieuse, profonde, opaque, cette force, cette énergie, qui lui ouvre le chemin, qui lui fait ce cadeau de lui ouvrir le chemin.
Pas de bruit, pas d’agitation ni musique, dit-elle, il faut que rien ne bouge autour d’elle qui lui fasse quitter sa ligne. Quand je la regarde travailler, je vois qu’elle est comme absente à elle-même et pourtant complètement présente dans son geste, elle est toute entière dans son geste, on peut dire que, à ce moment-là, elle est son geste.
Elle rentre dans la feuille de papier et, pour prendre du recul, elle l’accroche au mur parce que tant que le papier est allongé au sol, elle est aussi, elle se confond même avec le papier qui naît sous elle.
Travail austère pour une œuvre qui semble si légère, si joyeuse et si insouciante mais l’est-elle vraiment ? on connaît la réponse. Un jour je lui ai dit que l’une des vidéos qu’elle me montrait était désespérée. Elle n’a pas répondu mais j’ai senti que son silence valait aveu, c’est ce que je pense en tout cas.
Elle recouvre de différentes couches son dessin, comme pour se rapprocher de là où il faut qu’elle aille, sans savoir où il faut aller mais en sachant quand elle est arrivée là où, avant d’être, elle ne savait pas qu’elle devait aller.
Différentes couches de peinture, de même qu’il y a de la répétition dans mon travail d’écriture et je tiens à ce que cette répétition soit visible comme si le texte se construisait au fur et à mesure qu’il s’écrit, comme si je montrais au lecteur les dessous du décor, l’envers de la scène, les coutures du vêtement.
Une couche ne vient pas en cacher une autre, au contraire, chaque couche se révèle elle-même mais révèle aussi les autres dans une forme de transparence, pour arriver au plus près, au plus précis de ce qui veut se dire à travers moi et qui insiste à se dire et dont je ne suis que la messagère ou, mieux encore, l’outil.
D’où l’importance d’arriver à une forme d’oubli de soi, un oubli très actif, très présent, très particulier que je vois chez Françoise lorsqu’elle travaille. Un oubli de soi qui est le contraire de l’oubli puisqu’il s’agit d’une présence à soi extrêmement aigue. Une présence on ne peut plus présente à soi. Une capacité à s’extraire du monde et de ses objets.
Quand elle peint, elle sait et elle ne sait pas, les deux en même temps. Peut-être même se tient-elle, dans cet équilibre-là entre les deux en même temps.
D’où aussi la nécessité d’aiguiser l’outil, c’est l’outil qui doit être travaillé. Souvenir d’un jeune pianiste qui m’a dit que longtemps, il avait regardé ses mains pour jouer lors d’un concert, que la position de ses mains le guidait sans qu’il ait besoin de lire ou de se souvenir de sa partition et que, le temps venant, ce n’est plus du tout ça qui se passe pour lui. Maintenant il se transporte quelque part, ou, sans doute, nulle part, dans un autre lieu, « un lieu autre », c’est comme ça qu’on pourrait l’appeler, un ailleurs, dans lequel il ne sait pas comment il arrive à aller, à se retrouver, à se rendre, se rendre serait le mot exact, se rendre à lui, avec de nouveau cette idée d’un consentement mais dont il sait maintenant, au bout de plusieurs années de travail acharné, qu’il est au bon endroit.
Je pense que c’est cela l’intime, c’est ce qui définirait le mieux l’intime. Un lieu où on consent à se rendre sans peur et sans reproche et sans aucun effort. L’effort empêcherait, au contraire, d’atteindre ce lieu où on ne peut pas décider, où on ne peut pas prendre de soi-même la décision d’aller. Ce n’est pas un acte de volonté ou d’autre chose d’ailleurs. C’est un lieu en vous, un lieu en soi qui veut bien, ou pas, vous accueillir. C’est soi et ce n’est pas soi non plus et c’est cette part en soi qui décide de votre accueil. Une part qui demande le respect, un immense respect pour vous ouvrir la voie. On pourrait appeler cela la grâce.

FP parle de l’importance du son dans le dessin, du son quand elle dessine, le dessin a sa musique, unique qui suit, accompagne le travail, sert d’appui à son avancée. Comme une chanson de la peinture sur le papier, la musique de leur rencontre, de leur entente. Dans l’écriture aussi, le stylo ou les touches de l’ordinateur accompagnent l’inspiration. Le rythme que les doigts prennent sur le clavier, la précipitation, l’hésitation, les retours en arrière, les repentirs, c’est cette musique-là qui m’accompagne aussi. C’est aussi la mise en page, la typographie qui sont extrêmement importantes pour moi.
L’eau dans mon travail est très importante pour moi dans les thèmes qui m’inspirent, ce sentiment que tout naît de l’eau, comme dans le travail de FP
Le dessin émerge de l’eau, dit-elle. le texte, lui aussi, émerge de nulle part, comme l’enfant émerge mais concrètement, il sort de l’eau dans laquelle il était avant sa naissance.
A ce moment-là, la mère perd les eaux et l’enfant rencontre son destin. Le dessin, lui aussi, à partir de l’eau, prend forme et se transforme en dessin.

A propos de la vidéo du Mans
La petite fille s’arrête de jouer comme un film qui casse dans le projecteur flambant neuf de ses parents. Il y a une lumière et un bruit de film qui se déchire. Sa corde à sauter est devant elle à ses pieds, inutile, elle ne sait plus à quoi elle lui servait. Elle devient une corde, peut-être celle pour se pendre, en tout cas, le jeu s’arrête et on peut imaginer une tragédie.
Ça ressemble à un moment d’absence durant lequel on ne sait pas dire ce qui se passe. Rien, un interrupteur qui éteint l’écran, des images d’ailleurs enfouies au fond de soi et qui doivent le rester ?

Nane Beauregard
A partir du travail de Françoise, du mien, de l’idée que je me fais des liens qui existent entre eux et de l’intime dans tout ça.

 

 

 

LA SOIRÉE

 

Dès 18h | APÉRO ASSO  &  DJ-SET DE SUZY Q | Carré Rouge
Ambiance festive / Play list exclusivement féminine empruntée à la soul, au rock en passant par le rap

 

20h | SPECTACLE L’ARAIGNÉE ET CONVERSATION « THÉÂTRE ET PSYCHANALYSE » | Petit Théâtre

En présence de
Charlotte Lagrange metteure en scène

Nathalie Morinière psychanalyste

Association pour la Cause freudienne Val de Loire-Bretagne